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Accouchement cauchemardesque : le prix d'une vie gâchée

"Maître Alain ANTOINE, avocat spécialiste, connaît parfaitement le droit de la responsabilité médicale. C'est un véritable calvaire que sa cliente a enduré lorsqu'elle fût prise en charge par le CHU lors de son accouchement.
Maitre Alain ANTOINE a su démontrer la responsabilité de l'établissement hospitalier lors de cet accouchement cauchemardesque. Une juste indemnisation devrait être allouée à sa cliente"

Saint-Denis. Comment mesurer le préjudice d'une famille brisée à la suite d'un accouchement mal pris en charge? C'est la délicate question soumise hier au tribunal administratif, saisi hier des demandes indemnitaires formulées par les parents d'un petit garçon né en état d'asphyxie et aujourd'hui lourdement handicapé.

L'affaire remonte à mai 2011. Une future mère se présente au CHU de Bellepierre en ressentant des contractions. Et alors qu'un premier monitoring ne laisse rien voir de particulier, la sage-femme fait patienter la Dyonisienne de 41 ans et son mari seuls en salle de pré-travail, sans monitoring.

Deux heures plus tard, les contractions reprennent et la sage-femme, qui constate la perte des eaux, fait venir la patiente à pieds jusqu'en salle de travail. Un nouveau monitoring montre que le rythme cardiaque de l'enfant s'est dégradé. La sage-femme constate alors une procidence du cordon ombilical. Descendant avant le foetus, le cordon est compressé, ce qui peut conduire l'asphixye du bébé.

L'accouchement intervient 30 minutes plus tard par césarienne, l'enfant naissant en état de mort apparente. Il vivra, mais avec de lourdes séquelles.

"PERTE DE CHANCE A 90%"

"Les conséquences sont terribles. Il ne peut coordonner ses membres, il ne voit rien, n'entend rien et nécessite une surveillance permanente" explique Me Alain Antoine, l'avocat de la famille.

"C'est toute la famille qui a été injustement frappée. La mère a dû arrêter de travailler, le père a mis sa carrière entre parenthèses, toute la famille s'occupe de l'enfant."

La faute manifeste du CHU a été retenue, et n'est d'ailleurs pas contestée ni par l'hôpital ni par son assureur. Reste à quantifier le préjudice, sachant que la mère a en outre été victime d'une hémorragie post-partum puis d'une infection nausocomiale./p>

Compte tenu des "imprudences de la sage-femme" les experts ont estimé la perte de chance de l'enfant à 90% et ses souffrances à 5 sur une échelle de 7.

Englobant les divers préjudices et la nécessité d'une présence permanente au domicile pour prendre en charge l'enfant, l'avocat sollicite une provision de plus de 700 000 euros.

Le rapporteur public, considérant qu'il faudra réestimer le préjudice lors d'une nouvelle expertise aux 8 ans de l'enfant, propose le versement d'une provision avoisinant les 250 000 euros. Son état ne sera jugé consolidé qu'à ses 18 ans. L'affaire a été mise en délibéré.

mercredi 25 mai 2016

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